Ulcères gastriques chez le cheval

Ulcères chez le cheval : reconnaître les signes car il  souffre en silence

Un cheval qui devient irritable, même agressif et cherchant à vous mordre au pansage.
Un autre qui refuse le sanglage ou couche les oreilles à l’approche de la selle.
Une jument nerveuse, qui agite constamment la queue ou grince des dents.

Et si ces comportements n’étaient pas « du caractère »… mais l’expression d’une douleur digestive ?

Aujourd’hui, on estime qu’une grande proportion des chevaux — jusqu’à 80 % dans certains contextes (compétition, séjour en box trop long, transports et déplacements — peuvent développer des ulcères gastriques ou duodénaux, parfois sans signes évidents au départ.

Apprendre à les reconnaître tôt, c’est éviter que l’inconfort ne s’installe durablement.


Quand le comportement devient un signal d’alarme

Les ulcères ne se manifestent pas toujours par des signes évidents et bien visibles.
Très souvent, ce sont des changements subtils qui apparaissent :

  • Agressivité lors des repas
  • Sensibilité au sanglage
  • Défense au pansage (morsures, coups de queue, coup de pied)
  • Baisse de performance
  • Irritabilité ou anxiété inhabituelle

Ces réactions sont souvent mal interprétées comme des problèmes d’éducation… alors qu’elles traduisent parfois une douleur bien réelle.


Comprendre l’estomac du cheval : une fragilité naturelle

L’estomac du cheval est divisé en deux zones :

  • Une partie supérieure (non glandulaire) : très sensible, sans protection naturelle
  • Une partie inférieure (glandulaire) : protégée par du mucus et des mécanismes physiologiques

Le problème ?
Le cheval produit de l’acide gastrique en continu… même lorsqu’il ne mange pas.

👉 À l’état naturel, il passe jusqu’à 16 à 18 heures par jour à s’alimenter.
👉 En conditions modernes (box, repas espacés, stress), l’estomac reste vide plus longtemps.

Résultat :

  • L’acide attaque la muqueuse fragile
  • Les projections acides augmentent à l’effort
  • Les lésions apparaissent progressivement

Les ulcères glandulaires, eux, sont davantage liés :

  • au stress
  • à la déshydratation
  • aux rations riches en sucres

Les signes à surveiller au quotidien

Certains indices sont particulièrement révélateurs si on prend le temps d’observer :

  • Poil usé ou ébouriffé derrière les épaules (auto-morsures)
  • Mastication à vide, léchage fréquent
  • Grincement de dents
  • Perte d’état ou difficulté à maintenir le poids
  • Coliques légères et répétées
  • Manque d’énergie
  • Cheval qui boit moins
  • Postures d’étirement inhabituelles

👉 En résumé :
un cheval qui n’est plus “bien dans sa peau” mérite qu’on s’y attarde.


Le diagnostic : une étape clé

La seule méthode fiable pour confirmer la présence d’ulcères est :

👉 la gastroscopie réalisée par un vétérinaire

Elle permet de visualiser directement les lésions et d’adapter le traitement.

Cependant, dans la réalité du terrain, il est fréquent de chercher à soulager rapidement le cheval en attendant :

  • la disponibilité du vétérinaire
  • ou la possibilité de faire l’examen

L’argile : une approche naturelle pour apaiser la muqueuse digestive

L’argile verte utilisée par voie interne agit comme un pansement gastrique naturel.

Ses actions principales :

  • Tapisse et protège la muqueuse
  • Adsorbe les toxines
  • Contribue à réguler l’acidité et le PH
  • Favorise un environnement propice à la cicatrisation

👉 Dans de nombreux cas, une amélioration du confort peut être observée rapidement.

Conseils pratiques

  • Mélanger à la ration quotidienne (pour un cheval de 1000 lbs environ : 2 x 2 cuillères à soupe ou 1×4 cuillères à soupe si vous donnez les minéraux 1 x par jour)
  • Adapter la durée selon l’état et la gravité des ulcères du cheval
  • En cas de prise de médicaments, espacer de 2 à 4 heures avec les médicaments

⚠️ Important :
L’argile soutient le confort digestif, mais ne remplace pas un suivi vétérinaire lorsque nécessaire.


Prévenir plutôt que guérir : les bases essentielles

Les ulcères sont rarement liés à une seule cause.
Ils résultent d’un ensemble de facteurs.

1. L’alimentation

  • Foin de qualité et sans poussière ni moisissures disponible en continu (idéalement en filet) ou de la bonne herbe pas trop riche non plus au pâturage
  • Éliminer les longues périodes à jeun. On sait maintenant que le cheval est sensé manger 16 à 18 heures par jour
  • Réduire les concentrés riches en sucres, réduire voire éliminer les suppléments, parfois distribués à l’année et pas toujours indispensables à sa bonne santé. 
  • RAPPEL : la meilleure manière de connaître les carences de votre cheval est une prise de sang et de faire évaluer sa cote de chair. Ensuite, un professionnel pourra établir sa diète selon son occupation également. Un athlète n’a pas les mêmes besoins que le cheval de compagnie.

👉 Le fourrage reste la meilleure protection naturelle de l’estomac.


2. L’environnement

Le cheval est un animal grégaire.

  • Pour son équilibre mental il a besoin d’une vie en groupe stable et harmonieux
  • Un accès au paddock ou mieux au pâturage lui est vraiment indispensable
  • La réduction du stress sera visible sans aucun doute

👉 Le bien-être mental influence directement la santé digestive.


3. Le défi des  transports et de la compétition

Les déplacements sont des périodes à risque :

  • Stress dû au déplacement, changement d’environnement, bruits
  • Changement d’alimentation et des horaires
  • Hydratation perturbée et probablement réduite

Les bonnes pratiques que vous connaissez :

  • Apporter son foin habituel
  • Maintenir une bonne hydratation (eau familière)
  • Surveiller et soutenir le système digestif et le transit intestinal 
  • Faire le test de déshydratation et surveiller la couleur et l’état des gencives (TRC)

Une approche globale indispensable

Les ulcères ne sont pas qu’un problème d’estomac.

Ils sont souvent le reflet :

  • du mode de vie
  • du stress
  • de la gestion globale du cheval

👉 Soulager sans corriger, ou mieux, éliminer la cause mène souvent à une rechute. Quelque soit le produit de soins, les ulcères se cicatrisent mais réapparaîtront à la même place ou ailleurs si la cause n’est pas éliminée. C’est aussi pour cela que nombreux compétiteurs utilisent l’argile interne pour soutenir cet équilibre pendant la période de compétition et ne donne que les cures de 3 semaines en automne, hiver et printemps tant qu’il n’y a pas de symtômes bien sûr.


À retenir

✔ Les changements de comportement sont souvent des signaux de douleur
✔ L’estomac du cheval de par sa petite taille est naturellement vulnérable
✔ La prévention des ulcères comme bien d’autres problèmes de santé ou comportements reposent sur l’alimentation, l’environnement et la gestion du stress
✔ Les solutions naturelles, entre autres,  comme les cures saisonnières de 3 semaines d’argile interne peuvent soutenir efficacement le confort digestif et en cas d’ulcères déjà existants vont aider à les cicatriser.

 

Cette vidéo en anglais du Dr Mark DePaolo démontre bien comment tester quelques points de douleurs liés aux ulcères.

Voici le lien : Comment savoir si mon cheval a des ulcères ?

 

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